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  • Romain Poulles

Il faut imposer un produit encore fonctionnel


Pour stimuler le réemploi d'objets, Romain Poulles (président du Conseil supérieur pour un développement durable) plaide pour un cadre fiscal et légal, alors que débute ce dimanche la COP26 à Glasgow.


Selon une récente étude TNS Ilres, un résident luxembourgeois sur deux a eu recours au réemploi de produits, appelé aussi second hand. L'enquête parle d'un concept qui suscite «l'enthousiasme et l'adhésion». C'est un constat que vous partagez?


Romain Poulles : «Je pense que c'est un passage obligé. Il y a encore des barrières psychologiques assez importantes dans certains domaines comme le vêtement, alors qu'on a l'habitude d'acheter des voitures d'occasion et c'est du réemploi. Il faut parvenir à normaliser le recours au réemploi.

Le réemploi nécessite un modèle économique derrière pour capter le produit et le réintroduire ensuite dans le circuit. Ce modèle n'existe pas en grande partie au Luxembourg. On en est aux balbutiements.


Cela signifie-t-il que le modèle de la société de consommation luxembourgeoise a changé ces dernières années ?


«Elle n'a pas décidé de changer, mais ça s'est fait naturellement quand il y a un intérêt pour le consommateur et qu'il y a un modèle économique qui le propose. On va arriver dans la mobilité comme service. Quand vous regardez le gros parc des 100.000 voitures, des grandes marques allemandes et autres, ce sont des voitures de leasing.


Quelles mesures doivent être prises pour faire progresser le réemploi?


«Je pense que l'Europe doit légiférer sur cette question. Un produit encore fonctionnel doit être imposé pour retourner dans le circuit du déchet. Par exemple, une consigne de 50 euros sur un portable ou une remise sur le prochain achat en ramenant son téléphone à n'importe quel vendeur.

Pour moi, il faut arriver à un modèle dans lequel on vend l'usage et pas le produit et les matières premières. Si je consigne les matières premières pour disons 20 euros, ça vous oblige contractuellement à ce moment-là de venir les retourner.


Vous souhaitez que le gouvernement fasse un meilleur suivi pour la gestion des déchets ?


«Il faut mette en place un cadre légal et fiscal pour que les entreprises qui produisent moins de déchets soient favorisées par rapport à celles qui en produisent plus. Le réemploi est un moyen extrêmement efficace de réduire fondamentalement la quantité de déchets, mais elle nécessite aussi un cadre.


Selon le dernier rapport du GIEC, le seuil de 1,5 degré de réchauffement pourrait être atteint dès 2030, soit dix ans plus tôt qu'estimé auparavant. La COP 26 qui commence ce dimanche à Glasgow, c'est la dernière chance pour «sauver notre monde», comme l'a déclaré Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies ?


«Aujourd'hui, on n'a fondamentalement toujours pas compris qu'il faut changer de modèle économique. On essaye de garantir cette croissance avec des énergies renouvelables, c'est impossible ! Tant qu'on n'est pas d'accord de changer de modèle économique, le problème ne peut pas se résoudre. Il faut lors de la COP26 décider de changer d'indicateur. Le PIB est constitué d'une composante que tout le monde veut et une autre que la majorité des gens ne veulent pas par exemple la pollution.


Ça permettrait de changer de modèle économique ?


«Dans le modèle économique actuel, on ne tient pas compte de la réalité, de la finitude des ressources et de leur prix. Dans ce modèle linéaire, on ne tient pas compte de la pollution créée. Il faut valoriser dans le produit la ressource au départ, et pas que l'extraction, par des taxes élevées.»



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