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  • Romain Poulles

Pouvoir d'achat - devoir d'agir !

Dernière mise à jour : 7 févr. 2023

La politique actuelle se concentre trop sur la croissance du PIB et le pouvoir d'achat, au lieu de se concentrer sur le "pouvoir d'agir" ou le "devoir d'agir" de la classe politique, de l'industrie et des citoyens. Remettre en question l'importance accordée au pouvoir d'achat, qui n'est en réalité qu'un indicateur du niveau de consommation et ne constitue pas un véritable pouvoir. Se concentrer dès à présent et sans attendre sur le "pouvoir d'agir", voire sur notre "devoir d'agir" pour développer des pratiques de consommation plus responsables, prend tout son sens puisque ce pouvoir d'achat va de toute façon diminuer, volontairement ou involontairement, du fait de la raréfaction des ressources.

Il est nécessaire et urgent de remettre en question cette focalisation des politiques à la défense de la croissance (PIB) et du pouvoir d'achat. Oui, notre système social en dépend mais c'est par ce que nous l'avons construite ainsi. Nous sommes donc capables de le changer. Et si nous nous libérions de cette obsession en raisonnant en termes de pouvoir d'agir, voire de "devoir d'agir" ?

Le logement est certainement un thème central des prochaines élections. Mais avec la remontée des taux d'intérêt, la hausse des prix des matières premières, notamment du pétrole et de ses dérivés, le pouvoir d'achat (et dans le cas du logement - le taux d'effort) des ménages refait surface et pourrait aussi devenir un enjeu majeur des débats politiques pré-électoraux. Il est tout à fait absurde et dangereux, même si c'est politiquement incorrect, de le dire. Personne ne remet jamais en question cette notion étrange qui associe pouvoir et pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat n'est pas le pouvoir !

Le pouvoir d'achat ne concerne pas le contrôle de ses propres décisions, mais uniquement le montant de la consommation disponible. Cette conception lie le pouvoir au quantitatif. L'amélioration du pouvoir d'achat ne consiste qu'en une augmentation de la consommation.

En privilégiant le "pouvoir d'achat", nous politisons artificiellement une donnée quantitative en la transformant en un supposé pouvoir. Nous nous concentrons donc sur la capacité à consommer comme critère principal du pouvoir que nous possédons. Pire encore, nous en arrivons à la conclusion que le moindre écart vers le bas signifie une amputation de notre pouvoir. L'État est alors prié de nous rendre le pouvoir d'achat dont nous sommes injustement privés.

Peu importe que la sécheresse ou les guerres fassent grimper les prix des matières premières agricoles, notre pouvoir d'achat est sacré et rien ne doit l'amputer. Tout cela est toujours justifié par l'existence de ménages qui ne peuvent joindre les deux bouts qu'avec un seul euro. Il est donc très malvenu, surtout pour quelqu'un qui n'a pas de problèmes de fin de mois, de remettre en cause cette façon de faire.

Nous ne pouvons pas accepter que la capacité d'action des citoyens soit réduite au pouvoir d'achat des consommateurs. Je change volontairement le pluriel en singulier ! Le pouvoir d'achat est nécessairement individuel, alors que le pouvoir d'agir passe du singulier au pluriel, de l'individu à la collectivité ou au collectif.

Nous savons que notre consommation doit diminuer afin de limiter la pression que nous exerçons sur les ressources naturelles et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Notre empreinte écologique est largement liée à notre pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat devient un "permis de détruire".

Ne devrions-nous pas profiter de ces hausses de prix forcées pour repenser en profondeur nos habitudes de consommation, comme on le prétend régulièrement ? Nous devons d'autant plus développer notre capacité d'action que notre pouvoir d'achat va - et doit - diminuer ! Il baissera, volontairement ou sous la contrainte de l'épuisement des ressources nécessaires à notre consommation effrénée. Troquons une illusoire (et finalement dangereuse) augmentation du pouvoir d'achat contre une capacité collective à nous organiser pour réduire nos besoins de déplacements individuels, changer nos habitudes alimentaires, enrichir nos loisirs de pratiques sociales qui ne nécessitent pas d'abonnement ou de livraison express... Imaginons des modes de vie en rupture avec l'étalement urbain. Développons un tourisme local, totalement exotique. Mais comme nous le savons, inventer d'autres modes de vie demande du temps, de la réflexion et des incitations à faire le grand saut. La bonne nouvelle, c'est que cette force dépend de nous, alors que notre pouvoir d'achat est largement limité, et de plus en plus.


Enfin, nous disposons toujours d'un pouvoir d'achat important, qui nous confère un pouvoir d'action collectif tout aussi important. Le pouvoir d'achat important peut être considéré comme un devoir d'agir pour réduire l'empreinte écologique. En tant que consommateur au pouvoir d'achat élevé, il est de la responsabilité de faire des choix écologiques afin de minimiser les effets négatifs sur l'environnement. Cela peut inclure des mesures telles que l'achat de produits durables, l'utilisation de moyens de transport durables et la participation à des initiatives visant à réduire la consommation d'énergie. En outre, cela nous permet également d'influencer les entreprises afin qu'elles adoptent des pratiques plus durables et proposent des produits respectueux de l'environnement.


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