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Gagner en résilience et en bien-être

Article infogreen 4x3 Numéro 11 - Septembre 2020


Romain Poulles, président du Conseil Supérieur pour un Développement Durable nouvelle mouture, est d’abord un entrepreneur et un citoyen engagé. Il nous livre son analyse personnelle.


Romain Poulles, président du Conseil Supérieur pour un Développement Durable nouvelle mouture, est d’abord un entrepreneur et un citoyen engagé. Il nous livre son analyse personnelle.


Récemment élu à la tête du CSDD, en pleine crise Covid-19, Romain Poulles avait déjà donné quelques pistes d’action dans ses nouvelles fonctions.

« Le développement durable est l’affaire de tous. Ensemble nous porterons les conséquences négatives de notre système actuel et ce n’est qu’ensemble – tous les secteurs, tous les acteurs de la société civile - que nous pouvons changer ce système, pour créer un avenir durable. Cette expérience devrait nous permettre de revoir collectivement notre modèle. Ne ratons pas cette occasion. »

Entrepreneur – il se définit comme « Happy CEO, Circular Eco Officer » de PROgroup – et citoyen engagé, il va plus loin, livrant une prise de position personnelle. « Il existe au Luxembourg des initiatives politiques, des plans, des agendas pour le climat. Mais certaines mesures ne sont clairement pas assez ambitieuses. Je pense que le prix CO2 doit être revu largement à la hausse par exemple. Les mesures actuelles concernent surtout le transport, l’industrie (très peu), les bâtiments (consommation énergétique), déchets et eau, agriculture… L’impact positif des secteurs de l’agriculture et de l’agroforesterie n’est pas vraiment pris en compte. De même, le rôle crucial de l’économie (les modes de consommation, les finances…) est un peu oublié dans le plan climat. Car sans économie régénératrice, circulaire et inclusive, on ne pourra atteindre un objectif de climat soutenable et vivable, et encore moins la justice climatique. »

Pour Romain Poulles, Covid19 est un « crash-test » grandeur nature, mais c’est une petite crise à l’échelle de ce qui suivra. « On a une crise sans frontières, qui concerne tout le monde, où les pauvres souffrent plus que les riches ; d’abord sanitaire, elle est ensuite financière, économique, sociale, peut-être même politique. La crise climatique a les mêmes caractéristiques mais sera d’une toute autre ampleur. Mais avons-nous compris le message ? Il est fort à craindre que non. »


Accélérer le mouvement vers la résilience


Il voit donc une série de mesures dont la mise en place est à accélérer : rénovation énergétique, agriculture biologique, transport multimodal efficace, formation aux métiers de « cyclage » dans une économie circulaire régionale (upcycling, maintenance, refabrication, logistique inversée, permaculture, …), des métiers à valoriser aussi. Et d’évoquer une réforme fiscale durable, pour « davantage taxer ce qu’on ne veut pas, comme les déchets, la pollution, l’empreinte carbone, et moins taxer ce qu’on souhaite encourager, comme le recyclage, la réparation, la valeur travail ».

Sujet « fondamental et prioritaire », la résilience est l’objectif. « Mais attention à ne pas galvauder le sujet. Il faut comprendre les différentes notions de résilience : la résistance aux chocs mais aussi la capacité d’un système à s’adapter, car il ne s’agit pas de retrouver sa forme initiale. Nous en parlerons beaucoup dans les prochains mois et années ».


La dynamique des sols


Romain Poulles insiste : pour que la « révolution durable » se fasse, la prise de conscience et l’action de chacun sont à la fois fondamentales et insuffisantes, car on a besoin d’un changement radical, sur les plans économique, social, politique…

Et de souligner le rôle crucial du rapport à la terre. « L’agriculture, l’agroforesterie, ce sont des acteurs clés dans le changement climatique et la biodiversité. Il est primordial de valoriser et de bien rémunérer leur travail pour recarboner les sols, créer des « puits » de carbone et réduire aussi bien le CO2 que le méthane dans l’atmosphère. On parle ici d’activités d’émission négative de carbone dont l’importance n’est pas prise en compte car elle n’est pas mesurée. Une augmentation du taux de séquestration du carbone dans l’épiderme terrestre de seulement 0,4% suffirait à absorber la totalité des émissions annuelles nouvelles de dioxyde de carbone (CO2) issues des énergies fossiles. En théorie donc, la question du réchauffement climatique pourrait être réglée en maîtrisant mieux la dynamique des sols, dont la capacité d’absorption est trois fois supérieure à celle de l’atmosphère ».


« Le Luxembourg se doit d’être exemplaire »


La transition vers une économie circulaire à impacts positifs – dont les grands principes seront bientôt publiés - doit être accélérée. Mais il semble d’ores et déjà essentiel de « mettre en évidence les solutions qui existent déjà, plutôt que de montrer les problèmes, et d’encourager et d’inspirer les acteurs de la société civile à les utiliser, les mettre en œuvre ou en créer de nouvelles ». Avec la crise climatique, on est à la fois dans le court terme - les actions sont urgentes - et le long terme - les réactions seront mesurables à long terme. « On vient de voir avec Covid ce que veut dire l’inertie dans la réaction à très petite échelle. Pour le climat, l’action d’aujourd’hui a un impact dans 20 ans. La menace, tout comme pour le virus, est diffuse, aléatoire, invisible. L’impact est sans date certaine et inégalement réparti ».

Dès lors, « les plans pour le climat ne sont pas une fin en soi ! Mais ils représentent une opportunité, pour l’économie et pour la société, de gagner en résilience et en bien-être. Il faut travailler ce message et montrer continuellement la véracité du propos. Le Luxembourg se doit d’être exemplaire, dans les deux sens du terme : avec des objectifs ambitieux et en montrant l’exemple en tant que pays à la fois riche et très dépendant. Car seul, on n’est rien. »

Une « carte blanche » de Romain Poulles, avec A.D. CSDD partenaire Infogreen

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