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  • Romain Poulles

Des maisons passives vers les maisons actives

Le public reste sceptique quant aux avantages des maisons passives qui leur sont désormais imposées, et souvent à juste titre. La maison passive ne fait pas rêver, il est grand temps d’aller un pas plus loin vers la construction de maisons actives.

Dans le cadre de l'introduction de la directive européenne 2010/31/UE sur l'efficacité énergétique des bâtiments (EPBD), le Luxembourg est le premier pays de l'UE à rendre obligatoire la construction de maisons passives. Le secteur de la construction luxembourgeois a adopté cette réglementation sans subir de perturbations majeures. Il faut féliciter les autorités publiques d'avoir créé les conditions nécessaires et favorables pour faciliter cette transition.

Il convient de noter que le règlement est moins bien accepté par le grand public, les consommateurs et les résidents, même si les raisons de cette désapprobation sont pour la plupart de nature subjective. 

L'adjectif "passif" ne suggère-t-il pas l'inaction, la passivité, l'acquiescement ? Le public reste sceptique quant aux avantages des maisons passives qui leur sont désormais imposées, et souvent à juste titre.

Le concept de maison passive est un premier pas sur la voie de la maison du futur, mais il reste largement insuffisant car il n'aborde qu'une seule dimension de la construction durable. Cette focalisation unilatérale pourrait causer des problèmes aux consommateurs si la structure n'est pas consciencieusement conçue et exécutée. Un problème récurrent est la mauvaise qualité de l'air des maisons passives qui peut avoir des effets néfastes sur la santé des résidents. En plus d'être inactives, les maisons passives sont donc aussi mono-orientées.

Il est donc impératif de passer à l'étape suivante de l'évolution : les maisons actives.

Si les maisons passives cherchent principalement à réduire la consommation d'énergie, les maisons actives sont basées sur une approche plus intégrée.

Certains pays définissent les maisons actives comme des "habitations qui produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment grâce aux méthodes de construction utilisées". Ces maisons doivent être appelées "maisons à énergie positive" ou "maisons à énergie excédentaire". Toutefois, ces structures sont toujours axées sur un seul objectif et nécessitent une approche plus systématique et plus globale.

Dans les sociétés modernes, nous passons 90 % de notre temps à l'intérieur, que ce soit à la maison, au travail ou pour nos loisirs. Ce chiffre est augmenté par le temps passé dans les transports publics, ce qui ne nous laisse pas plus de 5 % de notre temps réellement passé à l'extérieur.

Ces dernières années ont vu l'avènement des maisons passives, ainsi que le problème connexe de la mauvaise qualité de l'air à l'intérieur de celles-ci.

En basant nos conceptions sur l'idée de la maison active, nous voulons promouvoir des solutions qui permettent aux gens de vivre dans des bâtiments confortables conçus en fonction des besoins de l'homme. Après tout, il est important de ne pas oublier que la fonction première de ces bâtiments est de fournir un environnement de vie sûr et agréable à ses habitants. Ces aspects ne doivent jamais être compromis.

L'apport de lumière du jour est un élément clé des maisons actives, car il est étroitement lié au confort et au bien-être des résidents. Les recherches sur les effets des différentes conditions d'éclairage ont révélé que la qualité et la quantité de lumière du jour que nous recevons n'affecte pas seulement notre vision, mais aussi notre cycle de sommeil, notre humeur, notre productivité, notre vigilance et notre santé à long terme. Des conditions thermiques optimales sont également essentielles à la création d'intérieurs sains. Les maisons actives seront conçues pour offrir des conditions thermiques optimales en été et en hiver. Il faut tenir compte du fait que les humains peuvent bien s'adapter aux changements de température et que le corps a besoin de températures différentes selon le type de pièce utilisée et l'heure de la journée.

En plus de la lumière du jour et du confort thermique, la qualité de l'air intérieur est cruciale. Les humains inhalent 15 kg d'air chaque jour, et comme nous passons 90 % de notre temps à l'intérieur, nous inhalons principalement l'air intérieur. C'est pourquoi il est important d'être très rigoureux sur la qualité de l'air intérieur, en particulier si l'on considère le fait que dans la plupart des maisons passives, la qualité de l'air intérieur est pire que la qualité de l'air extérieur, même dans les zones urbaines.

Les maisons actives contribuent activement à la santé et au confort de leurs occupants sans avoir d'impact négatif sur le climat et l'environnement. L'objectif est d'élaborer systématiquement des conceptions qui n'ont qu'un effet positif sur l'environnement.

Nous avons besoin d'un cadre pour la conception et la rénovation des maisons afin qu'elles puissent contribuer positivement à la santé, à la sécurité et au bien-être des occupants tout en étant efficaces sur le plan énergétique et respectueuses de l'environnement.

L'évaluation des maisons actives est basée sur l'interaction de trois facteurs : les conditions thermiques intérieures, la consommation d'énergie et l'impact sur l'environnement.

Consommation d'énergie

Les maisons actives réalisent un bilan énergétique en utilisant l'énergie de manière très économique. Toute l'énergie nécessaire provient d'une source d'énergie renouvelable intégrée dans la structure de la maison ou située à proximité (comme un système énergétique de quartier ou un réseau électrique).

Bien-être, température intérieure et confort

Les maisons actives cherchent à créer une vie plus saine et plus confortable pour leurs occupants en leur assurant de généreuses quantités de lumière du jour et d'air frais. Les matériaux utilisés ont un effet neutre sur le confort de vie et la température des pièces.

L'environnement

Les maisons actives interagissent positivement avec leur environnement en étant idéalement intégrées dans le cadre local, grâce à leur utilisation ciblée des ressources et à leur impact global sur l'environnement.

Les bâtiments durables doivent être conçus en se concentrant sur leur caractère abordable tout en gardant à l'esprit le coût global de la construction (honoraires, entretien, rénovation et démantèlement éventuel.) L'utilisation de différentes technologies par les maisons actives offre des possibilités de conception équilibrée qui est à la fois rentable et rentable. Les coûts peuvent être réduits si les promoteurs collaborent dès le départ avec les propriétaires et les investisseurs pour définir leurs ambitions en matière de qualité des performances. De cette façon, un équilibre entre les attentes des promoteurs et les réalités des coûts des projets peut être atteint et les coûts imprévus peuvent être limités.

Idéalement, les maisons actives devraient mettre en œuvre les principes d'une économie circulaire à l'avenir. L'étape suivante serait alors la création de maisons qui intègrent pleinement les idéaux d'une économie circulaire et qui ont ainsi un effet positif sur les personnes, l'économie et l'environnement. Nous les appellerions "maisons positives".

Il est temps de prendre des mesures pour passer des maisons positives aux maisons actives (AAA).

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